FDLR, pour des siècles des siècles ?

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21 août 2015

FDLR, pour des siècles des siècles ?

Les FDLR cantonnés à Kisangani (Province Orientale
Les FDLR cantonnés à Kisangani (Province Orientale

Désarmés, deux cents rebelles rwandais des FDLR sont cantonnés à Kisangani. Ils refusent de rentrer au Rwanda par peur de représailles et en même temps ils accusent le gouvernement congolais de ne pas les nourrir. Faut-il les congoliser d’office ?

Les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda se plaignent, accusant le gouvernement de la RDC de ne pas régulièrement les nourrir, de les priver de soins médicaux. Ils viennent d’écrire à l’envoyé spécial de l’ONU pour les Grands Lacs. Ils dénoncent leurs conditions de vie « déplorables ».

Ils affirment que, depuis juillet, à deux reprises, il n’y aurait eu aucune distribution alimentaire pendant plusieurs jours d’affilée. Information infirmée par les gestionnaires congolais du camp, qui concèdent, néanmoins, ne pas être en mesure d’assurer trois repas par jour. Et qu’a fait la Monusco ? Elle confirme avoir été alertée et que, en réaction, elle a fourni de la nourriture et, voire, débloqué les sanitaires inutilisables.

Lassée, l’opinion congolaise fait des pieds et des mains pour voir les « machetteurs » regagner le Rwanda après vingt ans d’occupation du Kivu, jalonnée d’assassinats des autochtones, de viols et de pillages. D’après les sources des ONG, sur 2 000 combattants FDLR terrorisant le Kivu, deux cents seulement ont déposé les armes. Mais ils refusent, par peur de représailles, de rentrer au Rwanda. Faut-il les congoliser d’office ?

L’Afrique n’est pas prête à recommander cette voie. En effet, le communiqué final du 35ème sommet de la SADC tenu à Gaborone (Botswana) est fort explicite. « Les chefs d’État et de gouvernement présents les 17 et 18 août 2015 au 35ème Sommet ont appelé la communauté internationale à faciliter le rapatriement au Rwanda des ex-combattants déjà désarmés en RD Congo ou leur réinstallation dans un pays tiers ».

Quel pays tiers accepterait ces « pestiférés » au vu des revendications qu’on les a vus égrener en RDC ? Exiger trois repas par jour, alors que les citoyens de la RDC ne sont généralement plus programmés que pour un seul ! Exiger trois repas au motif qu’on avait « bien » tué ses propres compatriotes en 1994? À ce rythme-là, entonnons le « FDLR pour des siècles des siècles ».

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