Dialogue différé

De gauche à droite, Kabila et Tshisekedi

De gauche à droite, Kabila et Tshisekedi

Pour dialoguer, il faut être à deux. Mais, quand on est politicien de la RD Congo, on se permet des passe-droits pour… soliloquer. Comme un fou. Dialogue ou non ? Le politicailleur congolais abhorre le dialogue, même s’il est convaincu que du dialogue sortira son ticket d’accès au pouvoir. Observez l’environnement.

Profitant de l’entérinement par l’Organisation des Nations unies, le 24 février 2013, de « l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RD Congo et la région », l’Opposition s’est accrochée à cet instrument pour réclamer le dialogue avec le président Kabila. Objectif : tenter de construire la cohésion nationale et aplanir les aspérités jonchant la voie vers des élections 2015-2016 crédibles.

Ce dialogue-là, parce qu’inspiré d’Addis Abeba, a rencontré une forte résistance de la part du pouvoir. En revanche, Kabila a sorti sa formule : les « Concertations nationales ». Elles ont accouché de ce qu’elles devaient accoucher. Certains diront même qu’elles auraient accouché d’une souris.

Pas de consensus. Pas de cohésion en vue

En 2015, cette fois, Kabila est demandeur. Il déploie tous azimuts ses Talleyrand, qui traversent la Méditerranée pour approcher le leader de l’opposition radicale, Etienne Tshisekedi convalescent à Bruxelles. La problématique du dialogue prend désormais de l’ampleur et agite l’Opposition. Apparaît alors le risque d’émiettement entre « Opposition dialoguiste et extrémiste ». Le scénario n’est pas nouveau.

Par exemple, des sources à Bruxelles ont fait état d’un pugilat, vendredi 28 août, entre les militants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti cher à Tshisekedi. Les uns toujours fidèles à Etienne Tshisekedi, les autres opposés au lider Maximo pour avoir souscrit au Dialogue qui pourrait réunir des représentants du pouvoir, des délégués de l’opposition et de la société civile.

En outre, au cours de ces échauffourées, Etienne Tshisekedi aurait été traité de  » collabo  » par les combattants opposés au Forum national en vue.

Depuis 1960, ils sont comme ça, les politicailleurs congolais. Sous Kasavubu, le « dialogue différé » les a successivement conduits à Casablanca (Maroc), Tananarive (Madagascar) et Coquilhatville (actuel Mbandaka, en RDC). Sous Mobutu, les protagonistes se sont, enfin, retrouvés à Libreville sur Outeniqua. Sous M’zée Kabila, ses boys et ses contradicteurs ont parlementé à Lusaka. Les hommes de « Jeff Kabila » ont palabré avec ses opposants à Gaberone, Addis Abeba et, deux fois, à Sun City.

Le dialogue, voyez-vous, est inévitable. Mais les Congolais le préfèrent « différé ». Kabila revient sur la vieille recette après ses concertations de 2013. Pourvu que l’essentiel soit sauvé. On attend voir.

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