Nord-Kivu : Beni a pleuré ses morts lundi dans une « journée ville morte »

Le chef de la Monusco, Martin Kobler, console les familles éprouvées

Le chef de la Monusco, Martin Kobler, console les familles éprouvées

Après le massacre d’environ 80 civils tués dans différentes localités de la ville de Beni (Nord-Kivu) en l’espace de deux semaines, une « journée ville morte » a été observée le lundi 20 octobre 2014, à Goma, Lubero, Beni et ses environs en mémoire des victimes.

Ils ont été massacrés à Beni et ses environs à l’aide des machettes et haches par des hommes armés non autrement identifiés mais qui, de sources gouvernementales, seraient des rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées – Armée de libération de l’Ouganda (ADF-Nalu).

Dans une ambiance inhabituelle, la consternation et des inquiétudes se lisant sur le visage des habitants de Beni-ville, toutes les activités sont restées paralysées, même dans les quartiers environnants.

Plusieurs voix se sont élevées pour condamner ces actes atroces, les qualifiant de « massacres planifiés » contre des civils dans la ville et les territoires de Beni.   « Il s’agit d’un génocide en pleine exécution », a déclaré samedi Omar Kavota, le vice-président de la Société civile du Nord-Kivu.

Il a demandé au gouvernement de la RD Congo et à la Monusco de « prendre des mesures qui s’imposent ».

Des patrouilles pour l’auto-prise en charge

Selon le président du Conseil urbain de la jeunesse de Beni, Djimi Kiyoma,  « les jeunes de Beni ont instauré des brigades de patrouilles nocturnes dans les différents quartiers de la ville en vue d’une +auto-prise en charge+ pour la sécurité de la ville ».

Pour le gouvernement congolais, par le biais de son porte-parole Lambert Mende, « il s’agit d’une nouvelle guérilla dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) ».

Il invite les populations locales à une franche collaboration avec l’armée nationale qui, selon lui, vient de « recevoir les ordres du chef de l’Etat pour traquer cette nouvelle guérilla dans le grand Nord du Kivu ».

« Des opérations guérillas ne sont autre chose que des opérations commandos et nous estimons que, maintenant que les autres ont changé de tactiques et les FARDC sont en train d’adapter leur propre stratégie », a indiqué le ministre des Médias, samedi 18 octobre 2014 au cours d’une conférence de presse tenue à Kinshasa.

Affirmant qu’« une guerre de guérilla ne peut se gagner ou se perdre qu’avec l’appui ou du manque d’appui des populations », Lambert Mende a invité « instamment les hommes et les femmes qui sont dans le grand Nord à se considérer comme la priorité des priorités de toutes les institutions nationales ».

« Une guerre de guérilla se gagne grâce à l’information sur les intentions de l‘ennemi du peuple qui est en marche. Notre peuple se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins », a-t-il expliqué.

« Réponses appropriées »

Le ministre de l’Intérieur, Décentralisation et Affaires coutumières, Richard Muyej, est arrivé à Beni dimanche 19 octobre 2014 à la tête d’une forte délégation mixte comprenant une dizaine de députés nationaux tant de la majorité que de l’Opposition.

 «Ce qui est arrivé est grave et la méthode utilisée est délicate, pernicieuse je dirais. Mais il faut des efforts pour l’arrêter, et nous arrêterons, c’est ça le rôle de l’Etat», a-t-il déclaré lundi.

 Qualifiant de « coup dur », Richard Muyej a martelé : « Je ne voudrais pas faire le débat de comptabilité des morts. Même quand il y a deux morts, c’est grave. Mais cette fois-ci, c’est par dizaine qu’on compte des morts. C’est très grave».

Face à cette situation, « le gouvernement congolais et les Forces armées de la RDC (FARDC) disposent de +réponses appropriées+ pour mettre fin aux tueries de civils dans le territoire de Beni », a-t-il soutenu.

A la tête d’une délégation du gouvernement accompagnée d’une délégation parlementaire, il a appelé « les forces de sécurité, la population et les différentes forces politiques à travailler ensemble pour mettre un terme à ces drames ».

«Nous avons emmené des solutions. C’est le rôle de la République. J’ai eu l’occasion de parler avec des officiers de l’armée, et j’ai senti qu’ils avaient des réponses appropriées. C’est un processus. Je suis persuadée que d’ici peu, on sentira l’effet de la nouvelle stratégie», a rassuré le ministre Richard Muyej.

Les délégués du gouvernement et du parlement national ont dit aux notables qui se sont entretenus avec eux qu’ils « sont aussi la solution à ce problème ».

« Ils doivent nous aider dans l’effort d’identification du réseau de ces inciviques, pour qu’ensemble nous puissions les neutraliser. Nous devons travailler à l’unisson population, FARDC, PNC, Majorité, opposition. Nous devons nous mettre ensemble pour vaincre l’ennemi», a exhorté le ministre d »e l’Intérieur

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