Expulsés de Brazzaville : Le centre de santé de Maluku en rupture de médicaments

Un enfant des expilsés traité au Centre du site

Un enfant des expilsés traité au Centre du site

Le Centre de santé du Centre interdisciplinaire de Maluku où sont hébergés une partie des expulsés du Congo-Brazzaville, court le risque de rupture en produits pharmaceutiques, « si aucune intervention n’est faite d’ici le début de la semaine prochaine », s’est plaint vendredi 23 mai 2014, le major Ngoy Sensele, infirmier titulaire du centre de santé de la Police nationale congolaise de Maluku.

« D’ici là, nous courrons le risque de rupture des produits pharmaceutiques. La nuit par exemple, il y a des gens qui se sont bagarrés, mais nous avons manqué même de fils et nous nous sommes débrouillés autrement pour faire le pansement. Nous sommes en cours même du test de dépistage de la malaria. Donc, d’ici lundi, s’il n’y a pas d’aide, ça ne sera pas bon », s’est indigné le major Ngoy Sensele, infirmier titulaire de ce centre de santé.

Tous les médicaments qui arrivent sur le site, sont convergés les agents de la clinique mobile qui est le programme national d’urgence. Selon l’infirmier titulaire du centre, « s’il y a une nécessité, nous faisons une réquisition à la clinique mobile et on nous envoie les médicaments ».

Ngoy Sensele indique qu’au début, avant que « nos amis de la clinique mobile n’arrivent, on recevait au moins 120 malades par jour ». Et, la plupart des cas pris en charge par le centre sont, le paludisme, la diarrhée, le vomissement, quelques cas de traumatisme et de blessures infectées.

Le centre reçoit également les femmes qui accouchent. Depuis l’arrivée des expulsés, on dénombre cinq femmes dont le dernier cas a eu lieu vendredi 23 mai 2014. La clinique mobile consulte le matin quand les agents arrivent et renvoie les malades au centre pour le suivi et traitement.

« Nous faisons la promotion, la prévention et les soins proprement dits. Pour l’aspect promotionnel, nous sommes en train de vacciner systématiquement tous les enfants de 0 à 15 ans qui entrent dans le site, pour la vaccination de routine », a souligné Ngoy Sensele.

Nécessité d’enquêtes

Pour sa part, la ministre du Genre famille et Enfant, Géneviève Inagosi, qui a effectué une visite éclair  sur terrain, sollicite une  investigation bilatérale entre les deux gouvernements (Kinshasa et Brazzaville), afin de déterminer les vrais motifs des expulsions et les auteurs des violences.

« En plus de témoignages que nous avons suivis, il y a aussi les images qui circulent sur internet sur les violences qui sont commises sur les femmes et filles originaires de Kinshasa. Nous avons effectué cette visite conjointement avec le Bureau des Nations unies aux droits de l’homme et j’espère qu’une investigation est déjà en cours. Si tel n’est pas encore le cas, nous voulons exiger une investigation qui commencerait d’abord par le gouvernement du Congo Brazzaville. Ensuite, solliciter une investigation bilatérale entre nos deux gouvernements », a déclaré Géneviève Inagosi.

Elle a rappelé que « Nos deux pays sont membres des organisations régionales, sous régionales et internationales qui appliquons la tolérance zéro sur les questions de viols et de violences sexuelles. Je pense que ces instruments doivent être mis en application pour que ces crimes ne restent pas impunis ».

Le représentant spécial du Secrétaire général des Nations en RDC, Martin Kobler, s’est dit lui aussi, choqué. « On est prêt de soutenir des investigations bilatérales, beaucoup d’enfants sont noyés, c’est inacceptable ! Les expulsions doivent suivre le standard universel et il faut discuter de cette situation d’un point de vue humanitaire », a-t-il souligné.

Pour améliorer les conditions d’accueil de ce site, Martin Kobler pense qu’ « il ne faut pas pérenniser la situation ». Car, dit-il,  » c’est un site transitoire et c’est difficile de gérer un camp des expulsés du point de vue hygiénique ».

Plusieurs organismes humanitaires sont perceptibles sur le site dans les différentes actions, notamment, l’UNICEF, l’UNFPA, le HCR, l’OIM…Ils fournissent appui technique en eau potable, médicaments, soins et autres.

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